Xenoblade Chronicles 2, c’est un jeu que tu n’oublies pas, même quand il t’a fait sacrer. C’est pas un RPG “correct”. C’est pas un jeu que tu finis en te disant “ok next”. Il laisse une trace, pour le meilleur comme pour le pire, et c’est exactement pour ça qu’il divise autant.
Quand il est sorti, ça s’est séparé presque automatiquement : ceux qui l’adorent et ceux qui décrochent vite. Pas parce que le jeu est vide ou parce qu’il manque de contenu : au contrair, mais parce que le jeu te demande d’accepter son chaos avant de te donner accès à ce qu’il fait de mieux. Et après y jouer avec du recul, je peux te dire une chose : je comprends parfaitement les deux camps.

Le ton plus “anime”, l’énergie plus colorée, les personnages plus expressifs, et oui, quelques décisions de mise en scène qui vont faire rouler des yeux à certaines personnes. C’est pas la même vibe que Xenoblade 1, qui est plus sobre et plus “mythologique” dans sa manière de se présenter. Ici, ça assume plus, ça exagère plus, et des fois c’est maladroit.
Mais ce qui m’a frappé le plus en revenant, c’est pas l’esthétique. C’est le combat.
Xenoblade 2 c'est le genre de système qui te fait douter si tu joues comme il faut, parce que le jeu te bombarde de tutoriels sans jamais te montrer l’essentiel. Résultat : tu peux facilement passer 15 à 20 heures à jouer “à peu près”, à battre des boss en 30 à 60 minutes, et à te demander pourquoi le monde trouve ça si bon.
Je vais être honnête : j’ai fini par aller regarder des explications en ligne pour comprendre ce qui se passe vraiment sous le capot.
Et après ça? Tout a cliqué.
Xenoblade 2 est devenu un autre jeu. Le combat s’est transformé en quelque chose de profondément satisfaisant. Et c’est là que tu comprends le paradoxe : le jeu est excellent, mais il fait tout pour te décourager avant de te laisser entrer.
Gameplay 9/10
Le gameplay de Xenoblade Chronicles 2, c’est un système à deux visages. Au début, c’est un mur. Pas une courbe d’apprentissage “un peu raide”. Un mur. Le jeu te donne des pop-ups à répétition, t’ouvre des menus, t’envoie des tutoriels qui s’empilent… mais il ne te fait pas comprendre comment gagner efficacement. Le problème, c’est pas que c’est complexe. Le problème, c’est que c’est mal expliqué, mal organisé, et mal présenté.

La base, c’est que tu ne combats pas seulement avec ton personnage : tu combats avec une Lame. Et ça, c’est une idée géniale. Les Lames, c’est pas juste des armes ou des invocations : ce sont des entités vivantes qui définissent ton rôle en combat, ton élément, tes Arts, et même une partie de ton identité de build. Un même pilote peut changer de style en swappant de Lame, ce qui rend le système flexible et plein de possibilités.
Sauf qu’évidemment, Xenoblade 2 ne s’arrête pas là. Tu peux équiper jusqu’à trois Lames par pilote, et tu joues avec trois pilotes en combat. Donc très vite, tu te retrouves avec une quantité énorme de variables : éléments différents, Arts différents, cooldowns, affinité, combos, passifs, synergies… et l’interface te présente ça comme si c’était évident.
Au début, ça donne l’impression d’un jeu “brouillon”, parce que tu fais des choses sans comprendre pourquoi ça marche ou pourquoi ça marche pas. Tu tapes. Tu attends que tes Arts rechargent. Tu fais une Chain Attack quand c’est possible. Et tu as l’impression de survivre plus que de maîtriser.
Mais le moment où tu comprends la logique interne du système, là, ça devient vraiment fort.

Le combat devient un rythme : tu utilises les auto-attacks pour charger tes Arts, tu places tes Arts au bon moment, tu changes de Lame pour ouvrir un autre élément ou un autre rôle, et tu construis tes combos de manière intentionnelle. Et surtout, tu comprends enfin le vrai cœur du système : les combos élémentaires et les orbes.
Quand tu enchaînes correctement un combo élémentaire, tu génères des orbes autour de l’ennemi. Ces orbes, c’est pas juste un effet visuel : c’est littéralement la base de ton burst. Plus tu as d’orbes, plus ta Chain Attack devient destructrice. Et quand tu apprends à créer des orbes, à choisir les bons éléments, à conserver la pression, puis à casser ces orbes au bon moment pendant la chaîne… tu passes d’un combat “long et mou” à un combat où tu peux faire fondre une barre de vie en quelques secondes.
C’est là que Xenoblade 2 devient addictif. Parce que tu sens que tu progresses pour vrai. Pas juste parce que ton niveau monte, mais parce que toi, tu comprends mieux. Le jeu te récompense pour l’apprentissage, et ça, c’est rare.
Par contre, faut parler des défauts, parce qu’ils y en a.
L’interface est franchement pénible genre vraiment pénible. Des informations super importantes sont cachées trop loin dans les menus. Certaines mécaniques arrivent tard, parfois après 20 heures, comme si c’était normal de te donner la boîte à outils complète seulement quand t’es déjà au milieu du chantier. Et il y a un point qui reste, selon moi, l’aspect le plus frustrant du jeu : le gacha des Core Crystals.
Oui, ça fait partie de l’identité de Xenoblade 2. Oui, tu peux “optimiser” un peu. Mais au final, ça reste du RNG, et ça peut être cruel. Tu peux passer des dizaines d’heures sans obtenir une Lame rare que tu veux vraiment, pendant que quelqu’un d’autre la sort quasiment tout de suite. Et c’est le genre de décision qui peut littéralement changer ton expérience.
Malgré ça, une fois que tu maîtrises le système, je le dis sans hésiter : c’est un des combats les plus profonds et les plus satisfaisants de la série.
Visuel 9/10
Visuellement, Xenoblade Chronicles 2 prend une direction totalement différente du premier. Le style est plus “anime fantasy”, plus coloré, plus exagéré dans les expressions, et plus assumé dans ses archétypes. C’est une vibe qui peut repousser certaines personnes, surtout si tu viens de Xenoblade 1 ou même du 3, qui ont un ton plus sobre.
Mais il y a une chose que le jeu réussit extrêmement bien : son monde.
Alrest est un concept fort : des titans vivants qui servent de continents, chacun avec sa propre identité. Et ça, Monolith Soft sait faire. Chaque zone a une ambiance claire. Gormott est vaste et respirant. Uraya est organique, presque dérangeant, comme si tu explorais quelque chose de vivant. Mor Ardain a ce mélange industriel/désertique qui donne une vraie personnalité. Tantal, honnêtement, c’est une des plus belles zones glacées que j’ai vues dans un RPG, point.



Techniquement, oui, ça souffre. Surtout en portable où la résolution peut descendre assez bas, et ça devient flou. Docked, c’est plus propre, mais tu vois quand même les limites : aliasing, textures parfois molles, et quelques compromis visuels. Le jeu est ambitieux.
Mais malgré les limites techniques, la direction artistique rattrape beaucoup. Xenoblade 2 a une signature visuelle unique, et tu t’en rappelles longtemps.
Histoire 9/10
Je vais être direct : pour moi, Xenoblade Chronicles 2 a la meilleure histoire de la trilogie principale.
Oui, le ton est plus “anime”. Oui, il y a des scènes un peu trop légères ou un peu trop exagérées. Oui, certains personnages secondaires sont très “caricature”. Mais le cœur du récit est solide, et surtout, il est profondément humain.
L’histoire tourne autour des liens : Rex, Pyra, Mythra, et tout ce que ça implique. Rex est un héros assez simple : idéaliste, naïf, sincère. Ce n’est pas le personnage le plus complexe du monde, mais il sert de point d’ancrage. Et surtout, il met en valeur les vraies forces narratives du jeu : Pyra et Mythra. Leur dualité, leur poids dans l’univers, leur relation, leur passé… c’est là que Xenoblade 2 devient vraiment fort.

Et quand l’histoire commence à accélérer souvent après une dizaine d’heures ça monte en intensité. Jin et Malos viennent ajouter un vrai poids dramatique. Les enjeux s’élargissent. Les révélations deviennent plus lourdes. Le jeu arrive à être émotionnel sans tomber complètement dans le n’importe quoi.
La fin, je la trouve excellente. Touchante, cohérente, bien construite. C’est rare qu’un JRPG conclue aussi proprement, avec une vraie émotion, sans se perdre dans ses propres idées.
Est-ce que tout est parfait? Non. Certains dialogues sont trop “anime”. Certaines scènes auraient gagné à être plus courtes. Mais quand Xenoblade 2 décide d’être sérieux, il l’est vraiment, et il réussit.
Performance 8/10
Xenoblade 2 est ambitieux, et ça se voit. Il y a du pop-in, des variations de résolution, et certaines zones deviennent floues, surtout en portable. Ce n’est pas le jeu le plus “propre” techniquement sur Switch.
Mais malgré ça, il reste étonnamment stable. Pas de crash, pas de ralentissements ingérables, et l’expérience reste jouable du début à la fin. Le portable est plus flou mais pratique, le docked est plus confortable mais pas parfait.
Vu l’échelle du jeu, je m’attendais à pire.
Je n'ai pas testé sur la switch 2.
Son 10/10
La soundtrack de Xenoblade Chronicles 2 est une des meilleures OST sur Switch, facilement. Les thèmes de zones sont mémorables, les thèmes de combat sont excellents, et les moments émotionnels sont bien soutenus. C’est une musique qui donne une identité aux lieux, et ça renforce énormément l’immersion.

Le doublage anglais est aussi intéressant, notamment à cause des accents qui donnent une personnalité aux régions. La version japonaise est excellente également. Les deux options sont solides, et ça dépend surtout de tes préférences.
Mais peu importe la langue, le travail audio est top.
J'écoute encore la musique de Xenoblade 2 au quotidien.
Verdict
Xenoblade Chronicles 2, c’est un jeu imparfait. Il est désorganisé dans son UX, mal tutorielisé, parfois frustrant pour rien, et il prend des décisions (comme le gacha des Lames) qui peuvent vraiment nuire à l’expérience.
Mais si tu t’accroches, c’est aussi un RPG avec un cœur immense. Un univers mémorable. Un système de combat ultra gratifiant une fois compris. Une histoire qui frappe fort. Et une OST exceptionnelle.
C’est pas un jeu pour tout le monde, et je comprends totalement ceux qui décrochent tôt. Mais pour ceux qui passent le mur et qui finissent par “comprendre le jeu” : Xenoblade 2 devient difficile à remplacer.
C’est le genre de RPG qui te fait rager… mais qui te reste en tête longtemps après les crédits.
Détails de la Note
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